© Jean Louis CHATELAIN
     
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F   Femmes de l'air
    Adrienne Bolland
   

Adrienne Bolland appartient à cette lignée de femmes qui, dans les années plus récentes, ont compté dans leur rang, toutes choses égales par ailleurs, des navigatrices du style de Florence Arthaud ou Helen MacArthur.Elles ont le courage (qui, pour ce qui est d’Adrienne n’exclut pas la peur), et ceci va souvent avec de la gouaille, pimentée d'une certaine misanthropie. Elles existent, qu’elles soient bourgeoises ou issues du peuple, et le font savoir par l’exploit.

Adrienne appartient à la dernière catégorie. Un jour que le Rajah de Kapurthala venait la saluer, elle lui répondit par cette fanfaronnade : « je te serre la pince, Monseigneur».

Adrienne se fit aussi connaître par un record un peu loufoque : Celui du nombre de boucles (« loopings » en jargon journalistique) :
Elle en fit deux cents douze d’affilée (record du monde féminin), en soixante treize minutes, soit une moyenne de trois boucles à la minute. Cela en dit long sur l’extravagance de la démarche, mais aussi sur la résistance physique du personnage.

     
   
    Adrienne Bolland et le Caudron G3
   

On ne parlait pas de sponsor en 1921. Mais c’est dans la même logique qu’elle obtient de Caudron le financement de son expédition Andine. A Buenos Aires, alors que tout va mal et que la tentative est compromise, elle décide de passer outre toutes les dissuasions. Dans sa chambre d’hôtel, alors qu’elle médite sérieusement sur le peu de chance de survie qu’elle se considère, elle reçoit une visite prémonitoire….. Mais voici son propre récit, avec l’aimable autorisation de la revue Icare (extrait du numéro 58, mais voir aussi le numéro 52 sur une interview d’Adrienne) :

«Donc, j'étais devenue pilote chez Caudron, dans les circonstances que je vous ai expliquées la dernière fois. Je faisais des meetings, je commençais à me sentir un peu à l'aise en avion et, un jour, j'apprends par un copain qu'il y avait (je le cite mot à mot) «une place de macchabée à prendre en Amérique du Sud» :
«II y a encore un gars qui s'est cassé la gueule dans la Cordillère...» Aussitôt, poussée par le besoin de vaincre ma peur - car j'ai toujours eu peur en avion - je vais voir Caudron :
«M. Caudron, je voudrais aller en Amérique.»
J'ai cru qu'il allait lever les bras au ciel. Il y avait treize mois que j'étais brevetée et j'avais quarante heures de vol en tout et pour tout. Mais il commençait sans doute à en avoir assez de mes excentricités:
«Si vous y tenez, dit-il simplement, on va s'en occuper.»
C'est ainsi que tout se décida... Il s'agissait, bien entendu, de montrer aux Sud-Américains les avions Caudron et on avait fait, là-bas, avant mon arrivée, toute une publicité, pour faire un peu mousser mon voyage.
«Il se peut, avait fait dire Caudron avant mon arrivée, qu'Adrienne Bolland profite de son séjour pour tenter la traversée des Andes.»
J'avais bien pris mes précautions avec Caudron :
«II se peut..., si vous voulez. Mais pas avec les deux G.3 que vous me donnez. — On tâchera de vous envoyer un meilleur avion.»
J'étais partie confiante... A la descente du bateau, je suis accueillie par des quantités de gens.
«Mettez votre chapeau et nous allons vous présenter aux journaux...» Un chapeau, à cette époque, c'était indispensable pour une dame. Moi, je n'en portais jamais. N'importe: nous allons voir les journaux. On boit pas mal de Champagne et... je ne me rappelle plus très exactement ce que j'ai pu raconter. Le fait est, en tout cas, que le lendemain matin toute la presse annonçait, sans nuances: «Adrienne Bolland est venue pour passer la Cordillère des Andes.» Caudron m'avait donné pour mécanicien Duperrier, un garçon on ne peut plus sérieux, qui ne plaisantait pas avec le travail. Il me dit:
«Vous savez, moi, je ne suis pas venu ici pour me faire f... de ma g... Il faut que vous preniez une décision tout de suite !» Je télégraphie à Caudron pour l'informer de la situation et lui demander l'avion promis: «Par bateau, dis-je à Duperrier, nous l'aurons dans deux mois...» Le télégramme de Caudron arriva sans retard :
«Prenez décision vous-même. Impossible envoyer autre avion.»
Je n'avais plus qu'à tenter ma chance... Pourtant, sur place, je n'étais pas encouragée. Tous les Français de Buenos Aires me harcelaient pour que je renonce. Bref, j'étais une illuminée, une folle qui faisait du tort à la France. En arrivant à Buenos Aires, j'étais descendue à l'hôtel Majestic. A partir du moment où ma décision fut prise, je ne voulus plus voir personne, ni recevoir aucun coup de téléphone. J'avais besoin de me concentrer. J'avais décidé, au lieu de tenter le passage soit par le nord, soit par le sud, de le chercher par la route la plus directe, à partir de Mendoza par Upsallata, le Christ - cette grande statue qui domine la chaîne, à la frontière de l'Argentine et du Chili - Las Cuevas et Santiago.
Mon avion était déjà parti par le chemin de fer pour Mendoza. J'étais en train de faire ma petite valise. On frappe. J'ai cru que c'était la femme de chambre:
«Entrez !»
Je vois arriver une inconnue. J'étais nerveuse et la colère m'a prise: «Qu'est-ce que vous venez f... ici ?» Elle comprenait le français, je m'en étais aperçue aux quelques mots que je lui avais dits:
«Vous êtes encore une Française qui vient m'annoncer que je vais me casser la g...? Ça suffit comme ça, je suis au courant, figurez-vous...».
Mais l'inconnue insiste. Son père est breton, sa mère basque (ou vice-versa, je ne sais plus). Elle travaillait dans une usine. Elle était timide, elle parlait le français sans trop d'aisance. Je ne sais pas pourquoi, j'ai cédé. J'étais peut-être contente, au fond, d'une diversion:
«Ecoutez-moi bien. J'allume une cigarette. Le temps que je la fume, dites-moi ce que vous avez à dire. Après, vous me fichez la paix. Entendu ?»
En cherchant ses mots, alors, elle commence à me raconter une histoire incroyable: tout le voyage que j'allais faire, d'avance... «A un moment, vous serez dans le fond d'une vallée qui tourne à droite. Il y aura un lac. Vous le reconnaîtrez: il a la forme et la couleur d'une huître, vous ne pouvez pas vous tromper. Vous aurez envie de tourner à droite. Il ne faut pas. Les montagnes sont plus hautes que vous ne pouvez monter, mais...»
Comment cette fille ignorante pouvait-elle savoir qu'un avion plafonne et que le plafond de mon G. 3 était, en effet, à peine suffisant ? Elle conclut: «... Mais il ne faut surtout pas tourner à droite. C'est à gauche. N'oubliez pas. Vous verrez une montagne qui a la forme d'un dossier de chaise renversée...
- Vous connaissez la montagne ?
- Non, dit-elle en me quittant, je n'y suis jamais allée.»
Et ma voyante s'en alla sans un mot de plus. Le temps de faire, en train, les 1'200 kilomètres jusqu'à Mendoza où mon avion était arrivé avant moi, j'avais complètement oublié toute l'histoire. J'avais autre chose à faire qu'à penser à des prophéties. Mon Caudron était entreposé sous une tente de toile au bout du terrain de Las Tamarindos.
Je décolle, à peu près sûre de ne jamais arriver. Je monte, assez péniblement, et tout à coup, j'aperçois un lac. Machinalement, je me dis :
«Il est magnifique. On dirait une huître...» Aussitôt, tout me revient. Je regarde, à gauche et à droite. A droite la vallée avait l'air de s'ouvrir. A gauche, tout paraissait bouclé, mais il y avait une montagne qui, en effet, pouvait évoquer vaguement un dossier de chaise renversée, à condition d'y mettre de la bonne volonté.
II fallait choisir. Je ne sais pas ce qui m'a poussée à faire confiance à la petite Française de Buenos Aires: j'ai tourné à gauche, en pensant:
«Et dire que pour une ânerie pareille, je vais sans doute me casser la figure ! » J'ai volé pendant un certain temps, sans rien dans la tête que la peur. De plus, j'avais horriblement froid. Mes moyens ne m'avaient pas permis de m'équiper convenablement et je m'étais couverte tant bien que mal avec un pyjama, une combinaison de coton et un matelas de vieux journaux. J'avais les doigts gelés, malgré le papier-beurre dont j'avais essayé de les envelopper. Pas d'inhalateur, bien sûr, et le col, avec sa statue du Christ, était à 4 080 mètres. Je devais passer vers 4 200. Je volais depuis près de trois heures. J'avais beau avoir pour neuf heures d'essence, je n'en menais pas large. Tout à coup, sur ma droite, j'aperçois des cours d'eau qui coulaient dans l'autre sens. Et tout de suite après, la plaine, avec une grande ville presque droit devant moi. Santiago ? Ce n'était pas certain, mais des villes de cette importance, il me semblait qu'il ne devait pas y en avoir des quantités au Chili.
Le temps de me poser la question et j'étais dessus. On m'avait dit que l'aérodrome était à 7 kilomètres de la ville. Je fais un virage à gauche et j'aperçois, sur le terrain, des points qui brillaient sous le soleil. En m'approchant, j'ai compris: on m'attendait avec la musique militaire...
Avec mes doigts raides, j'ai eu l'impression que je n'arriverais jamais à me poser sans casse. Mais tout s'est passé on ne peut mieux. On avait étendu sur le terrain trois drapeaux: celui d'Argentine (d'où je venais), celui du Chili et le drapeau français. J'ai touché, hélice calée, au beau milieu de nos couleurs. Je ne l'avais pas fait exprès, mais tout le monde a crié au miracle:
«Quelle précision !».
Moi, naturellement, j'ai fait la modeste. De toutes façons, j'avais trop froid pour discuter. Pour me sortir de l'avion, il avait fallu me tirer et les Chiliens avaient cassé ma ceinture, pourtant épaisse. Pour un peu, ils m'auraient cassée en deux, aussi, à force d'enthousiasme. Le général Contreras, qui commandait l'école de pilotage, avait préparé du champagne en mon honneur. Je n'aurais pas pu l'avaler:
«Je voudrais un peu de café... et une glace. »
Les aviateurs n'en ont généralement pas dans leur sac à main, mais ils m'ont apporté un miroir en pied.
J'avais une figure à faire peur: on ne me voyait plus les yeux tant j'étais gonflée et mon visage était barbouillé du sang que j'avais perdu à cause de l'altitude. Une infirmière m'a retiré des caillots partout dans le nez, dans les oreilles. Et puis j'étais tellement fatiguée, surtout par les nuits blanches d'angoisse d'avant le départ, que je me suis endormie sur place, malgré le café. C'est le général qui m'a couchée, aidé d'un capitaine. Ils m'ont déshabillée... Je ne l'ai su qu'après.
Quand je me suis réveillée, ce fut du délire. Tous les corps constitués se bousculaient pour me féliciter... Sauf les Français. Après la réception, j'étais en train de prendre un bain lorsqu'on frappa:
«Qui est là ?
- Je suis le ministre de France.
- Je désespérais vraiment de voir un Français au Chili !»
La conversation, à travers la porte, avait déjà un petit côté insolite, mais la réponse du diplomate toucha au comique:
«Il faut me comprendre, dit-il. Quand on m'a dit qu'une Française avait traversé les Andes en avion, j'ai cru que c'était une blague. Comme c'est le 1er avril, n'est-ce-pas...». J'ai passé une sortie de bain et c'est ainsi que nous avons fait connaissance.
«Puis-je vous offrir quelque chose ? m'a demandé alors, très mondain, le ministre de France. Un peu de fleur d'oranger, peut-être ?».
Ce n'était que le début de mes rapports avec la colonie française du Chili. Il était entendu que je devais aller rendre visite au président de la République :
«Mais vous ne pouvez pas y aller en combinaison, me dit-on.
- Désolée, mais je n'ai rien d'autre à me mettre.
- C'est impossible, voyons !
- Alors, j'irai en pyjama.»
Cela non plus ne convenait pas.
«Qu'à cela ne tienne, on va vous faire une robe et aussi un chapeau.»
L'essentiel, n'est-ce pas, était qu'une femme qui vient de traverser les Andes en avion ne ressemble pas trop, tout de même, à une aviatrice...
Le temps de coudre la robe et de modeler le chapeau, l'heure de la réception était largement passée: nous avions quatre bonnes heures de retard, le chapeau, la robe et moi. Je priai le président de me pardonner:
«Et dire que c'est pour être ainsi accoutrée que je vous ai fait attendre !»
Le président du Chili éclata de rire, avec une décontraction qui eût fait grand honneur à la colonie française de Santiago:
«Mais je vous ai déjà vue en pyjama, dans les rues de la ville! dit-il» C'est vrai et j'en convins.
«Vous êtes du reste beaucoup mieux en pyjama.
- Je sais...»
Ce n'était pas le moment de discuter.
«Demain, reprit le président, je crois que le programme a prévu que nous passions les troupes en revue ensemble. Voulez-vous me faire le plaisir de venir en pyjama ?» Le lendemain, lorsque les Français me virent apparaître, j'ai cru qu'on allait compter plusieurs crises cardiaques. Le président, lui, était aux anges, et tous les Chiliens. En arrivant devant le drapeau, j'ai eu un moment d'embarras. Quelle sorte de salut peut bien convenir entre une Française en pyjama et le drapeau chilien ?
J'ai eu l'idée de l'embrasser et la foule en délire me prouva que mon idée n'était pas si mauvaise. Le drapeau fut ensuite fixé à mon G.3 et j'ai fait un vol d'honneur au-dessus de la capitale, avant de repartir pour Buenos-Aires, en train.
J'avais laissé mon avion à Santiago, dans l'espoir qu'il trouverait preneur contre espèces sonnantes. De fait, il fut vendu, tandis qu'une bonne dizaine de «morceaux» de mon hélice passaient de main en main, comme ceux de la «vraie croix», si j'ose dire... A Mendoza aussi, on avait mis les petits plats dans les grands et j'étais invitée à trois banquets le même soir. Au dernier, j'étais reçue par le Consul de France et la colonie française: rien que des hommes et des rombières - il n'y a pas d'autres mots - avec le double menton et le nœud de ruban autour du cou. On aurait dit des guillotinées raccommodées à la hâte. Pas une jeune fille, bien entendu: on me recevait, puisqu'il paraissait que j'étais une espèce de célébrité, mais on n'allait tout de même pas montrer à des demoiselles comme il faut une femme qui risquait de leur donner le mauvais exemple... On n'avait pas invité non plus mon mécano, sans doute parce qu'on craignait de faire «peuple» et que Duperrier ne vînt en salopette avec du cambouis jusqu'aux yeux. Tout content, il était allé dîner avec des copains et un médecin du cru à la bonne franquette. Pendant le repas, le consul me proposa très gentiment d'ouvrir pour moi les innombrables lettres et télégrammes qui m'étaient adressés de partout.
«Vous pourrez manger plus à l'aise, me dit cet excellent homme.»
J'acceptai avec plaisir, bien que mon appétit fût bien émoussé par les deux banquets précédents. Le consul ouvrait le courrier, jugeait d'un coup d'œil l'intérêt de ce qu'il lisait et me le résumait d'un mot. Tout allait se passer sans encombre et le diplomate sentait son inquiétude s'apaiser lorsque je le vis se rembrunir:
«Ceci est... comment dirais-je... personnel, dit-il en me tendant une lettre».
C'était un mot de Duperrier et de ses copains:
«Quittez ces c... là, disait-il, C'est ici qu'on rigole...».
Je suis restée six semaines à Mendoza, attendant vainement des nouvelles de Caudron (et surtout de l'argent...). Je ne pouvais pas savoir que, pendant, mon absence, il s'était marié avec une femme horriblement jalouse. Elle avait fait nommer son beau-frère directeur et il interceptait tout mon courrier. De sorte que c'est à peine si Caudron avait su que j'avais passé la Cordillère...
Le président du Chili avait téléphoné au président de la République française:
«Heureux le pays qui enfante de telles jeunes filles !» (ou quelque chose de la même envolée : je cite de mémoire).
Il n'a jamais reçu de réponse et s'en étonna, je l'ai su plus tard par des amis chiliens. Sans doute, à Paris, les officiels s'étaient demandé de quelle louche histoire d'enfantement ce président sud-américain entretenait l'Elysée...
».

Adrienne avait la baraka. Elle a survécu à sept crash (pardon, écrasements, en bon Français).

     
   
  De la Roche (Elise Raymonde Deroche)
   
La première femme au monde à gagner ses ailes de pilote sur avion est une française surnommée la Baronne de la Roche, de son vrai nom Elise Raymonde Deroche. Elle commence une carrière artistique et après une expérience dans l’aérostation, elle rencontre Charles Voisin qui l’initie au pilotage et elle obtient son brevet de pilote N°36 de la fédération aéronautique internationale le 8 mars 1910 à Mourmelon. Elle participera à des rassemblements aériens (Héliopolis, Budapest, Saint-Petersbourg) et se blessera grièvement lors d’un meeting à Reims en juillet 1910. Elle battra plusieurs records féminins d’altitude (4800 m) et se tuera lors d’un vol d’entrainement sur Caudron en juillet 1919. Elle repose au Père Lachaise.
     
   
     
   
Une plaque est apposée sur sa maison natale à Paris, au 61 Rue de la Verrerie, dans le 4e Arrondissement.
     
   
  Quimby (Harriet)
   
De l’autre côté de l’Atlantique Harriet Quimby est la première sa obtenir sa licence de pilote de l’Aéroclub d’Amérique (Aero Club of America), en 1911, à l’âge de 36 ans.

Elle était née à Arcadia dans le Michigan. Elle était connue auparavant comme journaliste critique de théâtre, avec plus de 250 articles de publiés. Elle vient à l’aviation après sa rencontre avec John Moisant et son épouse Mathilde, à Long Island, en 1910.

«Les aviateurs hommes ont laissé croire que voler en avion était périlleux, et non accessible au mortel ordinaire, mais quand j’ai vu avec quelle aisance ils maneouvraient leurs machines ; je me suis dit je peux le faire».

Elle devient la coqueluche des médias avec ses histoires d’avion.

Elle fut la première femme à traverser la Manche, dans le sens contraire de celui de Blériot (d’Angleterre vers la France, le 16 avril 1912, se posant sur la plage d’Hardelot dans le Pas de Calais). Elle avait écrit sur l’incrédulité des hommes alors qu’elle préparait sa traversée à Douvres. Son exploit fut éclipsé par la nouvelle du naufrage du Titanic, survenu la veille de son vol.
     
   
     
   
 
Elle obtint un contrat publicitaire avec l’entreprise Vin Fiz, portant alors une combinaison Bordeaux pour faire ses vols.

A peine 11 mois après avoir obtenu sa licence, elle se tue en avion le 1er juillet 1912, sur un monoplan Blériot deux places, lors du troisième meeting annuel d’aviation de Boston.

Lors d’un brusque mouvement de l’avion à piquer, sans ceinture de sécurité, elle fut éjectée de son avion, ainsi que son passager (l’organisateur du meeting).
     
     
  Alix d'Unienville
    Agent du S.O.E, reporter, hôtesse de l’air
    PAR PHILIPPE POISSON · PUBLIÉ 10 NOVEMBRE 2015 · MIS À JOUR 13 NOVEMBRE 2015
     
   

Alix d’Unienville, infatigable résistante et première femme lauréate du prix Albert Londres en 1950, est décédée le 10 novembre 2015 à l’âge de 97 ans. Elle avait été arrêtée lors du débarquement du 6 juin en Normandie.

Après la Deuxième Guerre mondiale, elle est devenue une des premières hôtesses de l’air d’Air France. Le récit de ses voyages, intitulé « En vol. Journal d’une hôtesse de l’air », lui a valu le prestigieux prix de reportage. Sa famille, issue de la noblesse et installée à l’île Maurice depuis le XVIIIe siècle, revient en France en 1926 avant de gagner Londres en 1940, alors qu’elle est âgée de 22 ans. Elle se fait engager comme secrétaire au quartier général du général de Gaulle, où elle rédige des tracts de propagande qui sont ensuite lâchés au-dessus de la France occupée. « Mais elle s’ennuyait un peu derrière son bureau« , raconte son neveu Dominique de la Taille.

Résistance, arrestation en Normandie et déportation

Cette femme « discrète mais déterminée » propose alors ses services au Special Operations Executive, un service secret britannique pour lequel elle opèrera sous les noms de code « Myrtil » et « Marie-France » et l’alias Aline Bavelan. Elle est notamment parachutée en France fin mars 1944 pour amener de l’argent et des documents à des réseaux de Résistance. Elle organisera ensuite la transmission de renseignements entre des agents d’Ile-de-France et Londres.

Le 6 juin, jour du débarquement de Normandie, elle est arrêtée avec plusieurs autres résistants, dont le futur ministre Pierre-Henri Teitgen, et emprisonnée. Embarquée dans un train à destination des camps de Buchenwald et Ravensbrück le 15 août 1944, elle parvient à s’échapper à la faveur d’un arrêt imprévu dans la campagne de Seine-et-Marne.

     
   
 
Évasion

Un pont ayant été coupé, le train doit s’arrêter et les prisonniers franchissent à pied une passerelle sur la Marne. Pendant la traversée du village de Mery-sur-Marne, elle se glisse dans une maison dont la porte était ouverte.

Une famille la recueille et la cache. Après la Libération, cette infatigable aventurière devient correspondante de guerre pour les forces américaines en Extrême-Orient, puis hôtesse de l’air chez Air France durant quelques années.

Elle se consacre ensuite à l’écriture, collaborant ponctuellement à des journaux français et étrangers et rédigeant six livres entre 1949 et 1976.

Alix d’Unienville avait été décorée de la Croix de Guerre 1939-1945, et faite chevalier de la Légion d’Honneur et membre de l’Ordre de l’Empire Britannique.


Par Elise Ferret – (Publié le 13/11/2015 France 3 Normandie).
     
     
 
     
   
 
 
 
 
     
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